La Banquise

Un peu d'air.

19 mai 2008

Mauricio Vergara ,un chilien en Bretagne

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Il y a parfois des gens autour de vous qui méritent un intérêt tout particulier, que ce soit pour leurs engagements personnels, ou tout simplement leur parcours personnel.

Quand j'ai rencontré Mauricio pour la première fois il y a plus de 4 ans, il parlait à peine le français, et j'étais loin de me douter que je m'intéresserai à lui autrement que l'amoureux d'une de mes amies.

Le temps a passé et j'ai une certaine admiration pour la volonté dont il fait preuve pour évoluer et faire de sa vie ce qu'il en voulait, à force de travail, de patience et d'implication de lui-même dans tout ce qu'il fait.

Cela valait bien une petite interview avec "Mauri"!

Après avoir raté mon premier enregistrement, il a donc fallu tout recommencer à zéro et vérifier à deux fois que je ne réitérai pas de nouveau ma mauvaise manipulation de lecteur mp3 du départ.

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VJ: Peux-tu nous raconter ton parcours, ce que tu faisais lorsque tu vivais au Chili?
MV: J'étais dans la marine chilienne, dans ce que l'on appelle la Force des sous-marins .Je fais partie d'une équipage de sous-marin de classe "Scorpen", mais aussi de la base comprenant tous les sous-marin du pays.En parallèle je donnais des cours pour former les jeunes sous-mariniers.

VJ: Tu y es entré jeune il me semble.
MV : Oui, je suis rentré dans la marine à 15 ans, où j'ai fini mes études d'ailleurs.Ensuite j'ai fait une école d'ingénierie dans laquelle je me suis spécialisé en électrotechnique.

VJ :L'idée de venir en France t'es venue lors de ton premier séjour ici à Lorient?
MV :Oui, j'y ai passé 3 ans.On est venu travailler avec la DCN pour le projet "Scorpen Chili".Là j'ai connu pas mal de monde , y compris ceux faisant partie de la société  pour laquelle je travaille aujourd'hui à Brest. Il se sont intéressés à ma façon de travailler ainsi qu'à mon expérience.Entre temps, une fois de retour dans mon pays ils m'ont contacté pour travailler avec eux à la DCI NAVCO sur un projet Malaisien.Une fois en retraite de la marine, je suis venu ici.De toute façon, je voulais venir habiter en France, ça a été pour moi une opportunité idéale.Et puis, tout le monde savait que je voulais revenir ici.

VJ : Ce travail te convient plus que celui que tu avais dans la marine Chilienne?
MV : Ah oui!Dans la marine, j'étais arrivé à un niveau dans lequel je ne pouvais plus vraiment évoluer.Maintenant je peux vraiment mettre en pratique mes acquis, ce qui me convient parfaitement.

VJ : D'après mes souvenirs, tu ne parlais pas un mot de français lorsque tu es arrivé ici.
MV : Non, je ne parlais....." rien..de rien"..[ je confirme].. mais j'ai appris petit à petit et par la suite, j'ai pris des cours de grammaire à l'Alliance Française du Chili.Même si les cours que je donne pour le projet malaisien à la NAVCO à Brest sont en anglais,je savais que pour vivre et travailler en France, je me devais d'améliorer mon français.Mais c'est compliqué à apprendre.Par contre je pense que pour apprendre une langue il faut d'abord la pratiquer et ensuite, l'approfondire.

VJ : Tu es bien en France, de toute évidence tu t'es bien habitué.
MV : Oui, je ne me sens pas étranger même si je sais que je le suis.C'est surement du au fait que je me suis fait des relations ici, des amis également que ce soit dans le milieu du travail ou non. En fait je me sens à l'aise ici, même si au jour le jour, ce n'est pas ma langue que je pratique.

VJ :Tu as eu l'occasion de visiter d'autres régions françaises,tu te plais bien ici en Bretagne?
MV :J'ai noté des différences mais c'est propre à chaque pays.Il y le climat mais aussi l'approche des gens.J'ai des amis à Cherbourg, j'aime bien les gens du nord, mais ici en Bretagne les gens sont plus chaleureux.J'aime bien le sud de la France.C'est touristique, il fait beau, c'est joli mais je ne m'y retrouve pas au niveau des rapports humains.Je préfère la mentalité "breton" [petite faute qui fait le charme de l'accent espagnol]

VJ : Tu peux nous parler des différences entre le Chili et la France?
MV :Le niveau de vie est très différent, et puis ici, c'est beaucoup plus beau et varié qu'au Chili.Par contre le Chili commence à évoluer et à se rapprocher du niveau Européen, en tout cas, il évolue vite.Mon pays aura 200 ans en 2010.Depuis le retour de la démocratie en 1990, tout le monde à l'accès à l'éducation, au travail, il y a plus de libertés.

VJ : Tu connais notre histoire ici, en Bretagne, ainsi que les revendications de notre parti régional, l'UDB.Peux-tu nous parler des Mapuches, ces indiens chiliens qui ont créé leur propre parti et revendiquent eux aussi leur autonomie?
MV :Les Mapuches sont les seuls indiens qui restent en Amérique latine, les autres ayant disparus( Aztèques, Mayas, Incas).Leur nom signifie " les gens de la terre", car ils sont très fiers de leurs terres.Ils se sont battus pendant plus de 400 ans contre les espagnols qui n'ont jamais vraiment gagnés.De nos jours nous sommes toujours des étrangers à leurs yeux.Leur capitale est Temuco et se situe au milieu du Chili.Il y a dans cette ville des communautés Mapuches, bien organisées qui veulent récupérer leurs terres, sauvegarder leur langue, leurs traditions.Je les trouve très courageux, ce sont eux les vrais natifs du Chili et nous avons tous nous chiliens, du sang Mapuche.Je les approuve, pour moi ils ont des choses à dire au niveau national.

VJ :Tu me disais qu'ils avaient du mal à s'intégrer parce que toujours considérés comme des "indiens", des sous-hommes en fait.
MV : Oui, mais les mentalités changent peu à peu.Ils ont pu avoir accès à l'éducation, comme nous.A l'école j'avais des copains Mapuches qui avaient des noms très typiques, comme ici en Bretagne, même si pour eux, c'est plus flagrant.Ils sont fiers de leurs origines, je trouve ça bien.Moi au Chili, je n'étais pas riche, ma famille non plus mais j'avais tout ce dont j'avais besoin.J'ai gravi les échelons par l'école et le travail.

VJ:Alors et maintenant que tu es en France, tu veux y rester et tu envisages ton avenir de manière positive?
MV :Oui, je veux continuer mon travail, évoluer, voir et faire plein de choses.Il y a d'autres projets au sein de ma société, avec le Brésil et l'Inde.Je suis bien ici !



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Mauri__Chanel_mai_08_035b
Monsieur et Madame Mapuche se promènent dans le jardin.On appelle ces figurines en bois des "Indio Picaro" , traduisez des petits indiens coquins.Je ne les ai pas soulevé,mais alors on aurait pu voir un Monsieur "en pleine forme" et une Madame très "accueillante"!





Posté par Eiwen à 14:32 - Entretiens - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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