19 mai 2008
Diwan Lorient - Table Ronde du 22 mai

Il y a de fortes chances pour que je m'y rende, j'en profiterai alors pour laisser mes impressions!
Pour ceux qui trainent dans le secteur, c'est gratuit et ouvert à tous.
Une journée portes-ouvertes aura lieu le samedi 24 mai de 9h à 16h.Pour tout contact par mail, c'est ici
Vendredi 23 mai
Hier soir, je me suis donc rendue comme prévu à la table ronde qui a eu lieu à l'école DIWAN AN ORIANT.
Nous n'étions pas nombreux, mais la discussion s'est avérée être fort intéressante.Le sujet était bien entendu l'apprentissage précoce du breton mais aussi n'importe quelle autre langue , qu'elle soit régionale ou non.
~ Pour mémoire, l'école Diwan est un système scolaire associatif,qui existe uniquement par l'implication des parents d'élèves.Outre le fait de donner une existence à l'école, ce système à un avantage non négligeable puisqu'il donne de l'importance aux parents d'élèves en leur donnant la parole et le pouvoir d'être les propre acteurs de l'éducation de leurs enfants.Ils vivent ainsi la vie scolaire. ~
Les intervenants ont tous été clairs et efficaces dans leurs explications.Des parents d'élèves déjà en Diwan ou ayant le projet d'inscrire leurs rejetons en filière bilingue ont pu récolter toutes les informations voulues.
Joël Legrand directeur de l'école et enseignant en CP,CE1 et CE2, Eliane Kerjoant ( directrice pédagogique du 1er degré Diwan) nous on accueilli,expliqué le fonctionnement du cursus scolaire bilingue.Nous avons également bénéficié de la présence de Gilbert Dalgalian, professeur et linguiste spécialisé dans l'apprentissage précoce des langues .
Le principe d'éducation de l'école DIWAN est basé sur "l'immersion".Les cours se font en breton et dès la maternelle, à un âge idéal, l'enfant se retrouve dans un milieu bretonnant et son apprentissage commence par des stimulis dont le seul but est de découvrir le plaisir d'apprendre.Par des jeux, des activités, l'apprentissage devient naturel, et est de ce fait "déscolarisé" si je puis m'exprimer ainsi.La langue ne devient plus une leçon, mais un réflèxe naturel.
Le breton est enseigné "à côté" du français et non à son détriment.Beaucoup de personnes semblent faire l'amalgame.
Le français est introduit en tant que langue d'études à partir du CE1 juste à la fin de l'apprentissage de la lecture.L'enfant apprend donc à lire en breton, à savoir que l'apprentissage de la lecture ne se fait qu'une seule fois, et n'exclue donc en rien la lecture et la comprehension d'autres langues, comme le français...bien au contraire.L'anglais est ensuite introduit( les cours sont uniquement en anglais), comme dans une filière dite classique.Les élèves qui viennent d'une filière bilingue ont un avantage sur ceux des filières monolingues car le cerveau se modèle en jonglant sur deux langues, ce qui facilite l'apprentissage d'autres langues sans passer par la phase " traduction mentale".L'assimilation de la grammaire bretonne renforce ainsi l'apprentissage du français.
Les jeunes enfants des filières bilingue ont du mal à établir une traduction directe de langues à langues,tant leur cerveau à assimilé et le breton et le français comme 2 languages de même niveau.Les parents non bretonnants peuvent ressentir une certaine frustration à l'idée de voir leurs enfants s'exprimer dans une langue qu'ils ne connaissent pas.Une mère en parlait hier, et disait qu'elle avait tenté de lire du breton à son enfant ( qui la reprenait sur la prononciation d'ailleurs!).Or, c'est aussi aux parents, de faire vivre leur français, en lisant en français, car la vie des petits bilingues n'est pas réduite au breton, loin de là puisque dès le plus jeune âge,une comparaison intuitive et inconsciente des langues se met en place.
Gilbert Dalgalian en parle dans son dernier ouvrage " Reconstruire l'éducation".Le bilinguisme précoce est une chance.Parce que l'apprentissage d'une langue à un jeune âge est plus formateur au niveau cérébral et neuronal,parce que l'apprentissage d'une seconde langue bénéficie à la première, qu'il s'oppère un transfert de facilités préparant ainsi les apprantissages futurs, que soit en langue ou dans tout autre matière..Il faut donc insister sur le fait qu'aucune langue ne fait obstacle à l'anglais, devenu une référence de nos jours.
Comment ça marche?
De 0 à 9 ans se développe et se met en place ce que l'on appelle le "filtre auditif".C'est la capacité à entendre , écouter, retenir et reproduire les informations, les sons.Le langage contenu et acquis devient alors indélébile.Lorsqu'un enfant apprend sa langue maternelle, il commet des erreurs ce qui est normal.Par l'erreur, l'apprentissage s'enrichit.Ce travail s'effectue bien avant la scolarisation, dans le milieu familial en écoutant et en reproduisant ce qui est transmis par les parents.L'importance de la lecture de textes, de contes est ici primordiale car elle enseigne à l'enfant à se projeter dans un ailleurs, à imaginer et donc à assimiler les mots, les histoires , donc à se construire par la prise de conscience de son être propre face au monde qui l'entoure.L'enfant fait alors l'expérience de l'autonomisation, de la réfléxion personnelle.
Cette démarche est menée à bien dans un cadre de sécurité affective,surtout dans un cadre familial dans lequel les parents ne parlent qu'une seule langue.L'immersion devient alors une ouverture sur le monde.
Je terminerai par évoquer la partie du cerveau appellée "Broca".C'est là que se forme la logique,que les échanges linguistiques s'opérent.Le bilinguisme développe ce côté cérébral, non pas uniquement pour les langues, mais surtout pour le mécanisme de logique.Le élèves bilingues précoces, ne rencontrent par exemple que peu de problèmes de compréhension des matières scientifiques.La transposition des notions une fois comprises se fait alors de manière naturelle.Tout au long de sa scolarité, l'élève bilingue , devient vite trilingue ou plus,et l'apprentissage en général devient ludique, tant il rencontre plus de facilités.De plus, du fait de cette ouverture d'esprit précoce, la compréhension de situations de tous les jours se fait de mainère plus spontanée."Je suis un peu différent, j'existe à travers deux langues, deux modes,l'autre aussi et c'est tant mieux".
A ce sujet, mon père était bilingue, ainsi que ses frères et soeurs.A l'époque, "l'immersion" était quelque chose de tout naturel, tout le monde parlait breton et français.Force est de constater qu'il avait, ainsi que sa fratrie de grandes aptitudes à apprendre, à suivre des études de haut niveau avec, en comparaison avec d'autres, une étonnante facilité..
Pour en savoir plus, car je n'ai pas la prétention d'égaler Gilbert Dalgarian, je vous invite à découvrir son livre.

Commentaires
On ira peut-être ensemble dans ce cas...
Biz
Je lirai les impressions consignées sur la banquise...
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