30 septembre 2008
Le Trésor du Roi Korrigan ou bien d'Henri Kermarrec?
Il y a quelques mois, j’avais lu un petit article dans la presse locale concernant un jeu de 7 familles version Korrigans et chaudron magique. L’idée m’avait plu et je m’étais rendue dans notre librairie bretonne locale, à savoir la Coop Breizh afin de m’en procurer un exemplaire.
Impression familière. Les illustrations me disaient quelque chose, vague idée de déjà connu, et pour cause. Ce jeu est la création d’Henri Kermarrec, vous savez….le jeu des 7 Bigoudenn ! Nos 7 petites dames à la coiffe de dentelle s'affrontent dans un tournoi culinaire pour savoir qui sera la plus créative, la plus rapide.
J’ai eu envie d’en savoir plus, par moi-même et non à travers un article dans le journal. Il fallait donc envoyer un mail, établir un contact pour mener mon premier entretien avec une personne que je ne connais pas….Après quelques mails, ma peur de la réponse négative passée, c’est à Quiberon que je me suis rendue pour rencontrer Henri. Parisien depuis quelques années déjà, il se trouvait en Bretagne pour un salon de gastronomie locale…quel est le rapport ? Humm…
Je suis arrivée juste à l’heure, tout juste, avec le soleil…Nous voilà installés à la terrasse d’un café, face à la mer. « Bonjour ! … heu..je vais prendre un crème »..Il se lève et va me le commander, je suis mise à l’aise de suite.
Nous commençons à papoter, je l’écoute parler et de suite me vient une idée précise de lui, ou plutôt, une certitude. Celle d’un jeune homme qui a décidé de vivre ses rêves au lieu de rêver sa vie. Un parcours atypique, et une jolie leçon d’optimisme.
V.J : Raconte- moi l’histoire de ton jeu de carte, comment ça a commencé ?
H.K : Mon frère est restaurateur sur Lorient et ne travaille qu’avec des produits locaux. Il a été question de faire un livre de cuisine bretonne et au départ, le jeu de carte devait accompagner ce livre. Mais lorsque l’éditeur, à savoir Coop Breizh a vu le jeu en question il s’est dit que ce serait aussi bien de le sortir à part. Il a été assez emballé, et l’édition de mes jeux a été un heureux concours de circonstances…et dans un sens, c’est grâce à mon frère. Par contre à la base, je n’avais pas plus envie que ça de faire des choses ayant un rapport avec la culture bretonne. Pourtant, d’une certaine façon c’était à prévoir car j’ai beaucoup de livres chez moi traitant des contes et légendes bretonnes ainsi que divers auteurs comme Le Bras par exemple.je lisais ces auteurs pour moi-même, parce que ça me plaisait et je trouvais ça magique. De plus il est évident que vivant à Paris depuis de nombreuses années, après avoir passé les 5 premières années de mon enfance dans les Côtes d’Armor, qu’un jour ou l’autre on se mette un peu à la recherche des ses origines. Et puis nous venions passer nos vacances d’été ici, en famille, donc le lien n’a jamais été vraiment rompu.
V.J : Une passion pour les jeux ?
H.K : Ca fait depuis les années 80 que je pratique toutes sortes de jeux, savoir des jeux de rôles, des jeux de plateaux etc. Et puis surtout, la petite histoire c’est que j’ai commencé à fréquenter une MJC au lieu d’aller en Fac. Je sortais du Lycée Louis Legrand pour entamer des études en lettres modernes, mais pour être honnête, je ne voulais pas m’abrutir dans un cursus difficile qui ne me correspondait pas. Alors pendant 2 ans, je me suis consacré à cette MJC dans laquelle nous avions justement beaucoup d’opportunités pour jouer, et surtout faire participer des gamins qui n’avaient pas grand-chose à faire. C’était une façon de donner du bonheur, et de ne « rien faire » de manière intelligente car lorsque l’on se lance dans ce genre de jeux, il faut se documenter et donc se plonger dans des livres de mythologie ou autre, donc l’aspect culturel a toujours été présent, aussi bien pour moi, que pour ces enfants, ces ados qui au final, se sont découvert des intérêts. En parallèle et tout naturellement je me suis mis à créer mes propres jeux.
V.J : Et ensuite, comment as-tu envisagé ton avenir par rapport à tout ça ?
H.K : Il est évident que j’ai fait des petits boulots, des missions d’intérim, mais au bout d’un moment, la vie devient dure car tout ça ne « nourrit pas son homme » et puis j’avais moins d’énergie à consacrer aux autres, j’ai eu envie de penser à moi. J’ai un ami qui m’a fait rentrer dans un groupe de presse, et j’ai passé une formation de graphiste. Lui est parti dans le sud de la France, j’ai donc récupéré son poste et je suis devenu directeur artistique de la boite. C’était gratifiant, je gagnais bien ma vie, je me suis épanoui dans ce que je faisais, ça me correspondait.
V.J : Tu continuais les jeux ?
H.K : Oui bien sûr ! Un soir j’avais d’ailleurs crée un petit jeu pour mes neveux et nièces qui avaient du mal avec la table de multiplication et le calcul..et ça a fonctionné !le principe était à la fois simple et ludique.
V.J : C’est une affaire de famille donc..
H.K : Tout à fait. C’est ma sœur, qui a fait des études d’Arts qui s’occupe de l’illustration. Elle a des obligations maintenant donc moins le temps de dessiner mais c’était important pour moi que ce soit elle qui dessine les cartes. Je lui ai donc demandé de reprendre les pinceaux.. et puis de toute façon, nous n’avions pas les moyens d’engager un illustrateur donc tout s’est fait en famille, chacun y a trouvé sa place, même si ce n’est pas toujours évident car j’ai des obligations professionnelles par toujours faciles à gérer lorsque l’on travaille dans un cercle familial.
V. J : Il faut de l’imagination pour créer cet univers.
H.K : Oui mais nous discutons entre nous, à savoir quel jeu chacun de nous aimerait avoir. Des idées j’en ai plein…et d’autres qui s’ajoutent à la liste régulièrement. En revanche, le principe doit rester simple et abordable, de manière à ce que les gens ne soient pas découragés à la lecture du mode d’emploi. Un jeu doit rester accessible pour pouvoir le transmettre facilement. Ca correspond à moment convivial de détente et de partage.
V.J : Revenons à nos jeux de cartes, après les Bretonnes en coiffe et leurs crêpes, pourquoi des Korrigans ?
H.K : Comme je l’ai dit je suis imprégné de cet univers fantastique et celtique. J’ai voulu faire découvrir ou redécouvrir ces personnages de féérie, dans un bel univers, avec entre autre des sirènes pour que les gens puissent se raconter des histoires. Et puis il y avait aussi l’idée de partager des histoires et des personnages qui demeurent souvent dans la tradition orale. Pour moi la culture bretonne doit se partager et se léguer. C’est une manière colorée de s’en imprégner et de faire perdurer les légendes de Bretagne.
Bon, moi je l'ai mon jeu. Le voila... c'est joli non?

Un jeu qui a eu très bonne presse, car il est joli et ludique, ce serait dommage de s'en priver.Pour en savoir plus, c'est par [ici] et d'ici 3 semaines environ à compter d'aujourd'hui, vous pourrez aller directement sur le site de la maison d'édition ,par [là]. En attendant, pour contacter directement Henri : shaudron@yahoo.fr
Et puis, pour les Lorientais qui souhaitent trouver ce jeu, vous pouvez vous rendre à la Coop Breizh, ou bien chez Privat, ou encore au Jardin Gourmand à Kerentrech . Non seulement vous mangerez bien, très bien même , mais vous pourrez également échanger vos impressions avec la famille !
Paris 7ième

Up the stairs
Parisian flair
Spooky air
29 septembre 2008
Le Péristyle


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28 septembre 2008
"Face à face" ou la sauvegarde de son gouter


Découvrez Fleet Foxes!
Stems

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26 septembre 2008
Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie par Guðrún Eva Mínervudóttir

Et voilà, j'ai craqué, j'ai fondu comme neige au soleil en lisant ce livre écrit par Guðrún Eva Mínervudóttir .
"Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie" est un recueil de nouvelles toutes aussi déjentées les unes que les autres.C'est difficile de décrire quelque chose qui vous parle complètement.
Aussi, tout ce que je puis dire c'est que cette jeune islandaise nous pousse dans la réalité, le sienne, la notre, avec beaucoup d'humour, des situations louffoques, un franc parler désarmant.Je retrouve une fois de plus cet univers scandinave qui m'est si cher.Les situations décallées et graves,les histoires improbables...quoique....et cette sensibilité, cette compréhension de l'essentiel.Son style est un délice, à la fois juste, spontané, enfantin et riche.
Des nouvelles, il y en a 20, et toutes ont un titre à faire sourire les plus coincés : "Elle est en train de perdre les eaux","Le bouquet de mariée était plein de pucerons" ou bien encore "J'espère que tu étoufferas dans les rideaux de velours caca d'oie de ta mère(ou : Eve ne fût pas longtemps en paradis)"...
Ce petit livre se lit comme une coupe remplie de glace Häagen-Dazs,croulant sous la chantilly maison.En voici un petit avant goût.
Quand possède – t- on quelqu’un
et quand ne le possède –t-on pas ?
Il arriva à cette époque que j’en eus marre des hommes et que je décidai de ne plus leur appartenir. Je voulais n’appartenir qu’à Dieu et ne me donner désormais qu’à Lui seul. Je savais depuis longtemps que j’en arriverais là un jour et tout était prêt : une chambre vide, à l’exception d’un matelas et d’épais rideaux. Je débranchai le téléphone et la sonnerie de la porte d’entrée et me déshabillai complètement. Aussi démunie que j’avais été en venant à eux, j’allais à présent les quitter et je m’enfermai dans la chambre vide. J’avais eu l’intention d’avaler la clef, mais le moment venu, je n’en eu pas le courage et la glissai sous la porte.
Noir d’encre.
Combien de temps me faudrait-il attendre ?
En suivant les murs à tâtons, je trouvais le matelas et m’y étendis. Je dormis. Je veillai. J’attendis. Je pensai à quel point j’étais belle, là dans le noir, toute seule avec moi-même à attendre que Dieu vienne me chercher et je me masturbai jusqu’à n’être plus qu’une brûlante invocation. Prisonnière d’un corps figé dans sa sueur qui aspirait à se tordre et qui ne bronchait pas. Non, je ne pouvais pas bouger car j’étais une statue resplendissante.
J’urinai dans le coin le plus éloigné du matelas. Je dormis. J’attendis. Je priai, les larmes aux yeux, quand les affres de la faim allaient me rendre folle et elles s’évanouirent comme neige au soleil. Je pleurai aussi un peu quand je fus sur le point de perdre courage tandis que ma langue se soudait au palais et que je n’arrêtais pas de déglutir alors que je n’avais rien à avaler. L’aridité de la gorge subsista malgré la ferveur de mes prières. Les yeux me brûlaient aussi, que ce fût à force de pleurs, de jouissance ou de faim, ou peut-être d’amour pour Lui à qui j’appartenais tout entière depuis l’instant où j’avais tourné la clef dans la serrure.
C’est alors qu’Il arriva et qu’Il prit mes mains dans les siennes et me baisa sur la bouche, me pénétra et je hurlai de volupté car personne ne m’avait comblée aussi totalement. Des flopées d’anges chantèrent au rythme du battement de leurs ailes et du frou-frou de leurs robes. Oh, si seulement je pouvais revivre tout cela une seule fois. Mon cœur se débattait dans ma poitrine et Il le prit entre ses mains comme un oisillon tombé du nid, le tint contre Lui jusqu’à ce qu’il s’apaisât et le remit dans sa cage. Il me donna une tape sur les fesses :
- Alors, c’était bon ?
Je ne pus sortir un seul mot
- Pourquoi m’as - tu abandonné ? demanda – t – Il.
- Je ne t’abandonnerai jamais. Je suis à toi et à toi seul.
- Tu t’es éloignée de moi autant que possible. Pourquoi m’attires-tu ici, dans les ténèbres extérieures ?
Je lui en voulus. Tout ce qu’on récolte en ce bas monde, c’est de l’ingratitude et la justice n’existe pas ; même pas au dernier jour.
- Je ne t’ai nullement attiré où que ce soit. Rien ne t’empêche de me laisser là sur place.
- Je n’en suis pas à une brebis près à rattraper – une brebis égarée qui s’est écartée du troupeau par pure bêtise.
- Je ne suis pas égarée du tout. Je me suis sacrifiée sur ton autel. Je suis une offrande que tu en veux pas accepter.
Il se mit à rire. Ca faisait drôle de l’entendre rire par ce que je ne savais pas de quoi Il avait l’air, mais à en juger par son rire,Il était vif et enjoué.
- Tu confonds , dit-Il en riant. C’est toi le cadeau que tu refuses d’accepter ! Tu t’enfermes ici pour bouder comme une enfant gâtée. Non, je ne peux pas te laisser là, il n’en est pas question. Fiche-moi le camp d’ici et va manger et boire. Batifole, amuse-toi et surtout : baise !
- J’ai consenti à me passer de tout ce la. Pour toi. Prends moi, je suis à toi.
- Quand possède-t-on quelqu’un et quand ne le possède-t -on pas ?pouffa-t-Il , ayant du mal à retrouver son souffle à force de rire.
- Je suis à toi, que tu le veuilles ou non, parce que …
- Non merci, sans façon.
- Qu’est-ce que je dois faire ? dis-je d’une voix qui se brisait.
Être rejetée par Dieu est bien plus dur que de renoncer à la société des hommes et au lieu de m’enorgueillir de ma nudité, j’eus le sentiment de n’avoir été créée que pour qu’on puisse me rire au nez. Je n’y voyais goutte dans le noir, mais je me rappelais l’aspect de mes mains, de teinte rose pâle , comme toute cette absurdité dont j’étais constituée. Qu’est-ce qu’il pouvait y avoir de plus moche et de plus grossier que mon bras, par exemple, cette longue grue terminée par un instrument à cinq branches, cet instrument souple et ridé qui me servait à faire toutes sortes de choses ? Je pouvais bien comprendre que cela le fît mourir de rire de me voir lui offrir ça en cadeau avec tout ce qui s’y rattachait.
- Ce que tu dois faire ? Ne pas perdre de temps, tu n’en as pas de trop. Dépêche-toi de sortir au soleil et que je ne te retrouve pas ici.
Je courbai la tête, pleine de honte. Le rouge aux joues, je m’apprêtais à avouer dans un soupir que j’avais glissé la clef sous la porte et scellé ainsi la chambre jusqu’à la fin des temps, lorsque je vis que la porte était entrebâillée et que le soleil du matin était venu faire un saut chez moi.
21 septembre 2008
Les bords de mer

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Découvrez Julien Doré!
La route de Gâvres

20 septembre 2008
Lettre à Carla Bruni
Lettre à Carla Bruni
envoyé par Ouiaubreton
Voici la dernière petite vidéo ayant pour message le droit à l'apprentissage du breton à l'école.Ici à Lorient, une classe a été fermée "faute de moyens" sous couvert d'un jacobisme débordant.Chacun en pense ce qu'il veut, mais je pense que le message est clair et bien pensé.Et pour ceux qui s'interrogent, oui , cette vidéo a bien été envoyé à Madame Bruni-Sarkozy. Je rappelle que l'enseignement bilingue est un droit et qui plus est, un cadeau non seulement culturel mais intellectuel que l'on peut offrir à son enfant, lui donnant la possibilité de jouir d'un bilinguisme précoce.Pourquoi un cadeau?Et bien parce qu'il est prouvé que le cerveau des petits bilingues précoces se développe différemment, et à long terme,il en résulte un apprentissage très rapide des langues,une meilleure intégration du français...si si... mais également l'aquisition naturelle de "la bosse des maths", ou tout au moins, de "l'esprit logique" .Un bilingue précoce est à la fois linguiste, littéraire et scientifique.Les résultats scolaires dans les filières bilingues le prouvent et son incontestables. Pourquoi le breton?......et pourquoi pas???? Celà s'appelle le droit de faire perdurer une culture, une histoire, une langue.
07 septembre 2008
Leaves & stuff




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