26 septembre 2008
Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie par Guðrún Eva Mínervudóttir

Et voilà, j'ai craqué, j'ai fondu comme neige au soleil en lisant ce livre écrit par Guðrún Eva Mínervudóttir .
"Pendant qu'il te regarde tu es la Vierge Marie" est un recueil de nouvelles toutes aussi déjentées les unes que les autres.C'est difficile de décrire quelque chose qui vous parle complètement.
Aussi, tout ce que je puis dire c'est que cette jeune islandaise nous pousse dans la réalité, le sienne, la notre, avec beaucoup d'humour, des situations louffoques, un franc parler désarmant.Je retrouve une fois de plus cet univers scandinave qui m'est si cher.Les situations décallées et graves,les histoires improbables...quoique....et cette sensibilité, cette compréhension de l'essentiel.Son style est un délice, à la fois juste, spontané, enfantin et riche.
Des nouvelles, il y en a 20, et toutes ont un titre à faire sourire les plus coincés : "Elle est en train de perdre les eaux","Le bouquet de mariée était plein de pucerons" ou bien encore "J'espère que tu étoufferas dans les rideaux de velours caca d'oie de ta mère(ou : Eve ne fût pas longtemps en paradis)"...
Ce petit livre se lit comme une coupe remplie de glace Häagen-Dazs,croulant sous la chantilly maison.En voici un petit avant goût.
Quand possède – t- on quelqu’un
et quand ne le possède –t-on pas ?
Il arriva à cette époque que j’en eus marre des hommes et que je décidai de ne plus leur appartenir. Je voulais n’appartenir qu’à Dieu et ne me donner désormais qu’à Lui seul. Je savais depuis longtemps que j’en arriverais là un jour et tout était prêt : une chambre vide, à l’exception d’un matelas et d’épais rideaux. Je débranchai le téléphone et la sonnerie de la porte d’entrée et me déshabillai complètement. Aussi démunie que j’avais été en venant à eux, j’allais à présent les quitter et je m’enfermai dans la chambre vide. J’avais eu l’intention d’avaler la clef, mais le moment venu, je n’en eu pas le courage et la glissai sous la porte.
Noir d’encre.
Combien de temps me faudrait-il attendre ?
En suivant les murs à tâtons, je trouvais le matelas et m’y étendis. Je dormis. Je veillai. J’attendis. Je pensai à quel point j’étais belle, là dans le noir, toute seule avec moi-même à attendre que Dieu vienne me chercher et je me masturbai jusqu’à n’être plus qu’une brûlante invocation. Prisonnière d’un corps figé dans sa sueur qui aspirait à se tordre et qui ne bronchait pas. Non, je ne pouvais pas bouger car j’étais une statue resplendissante.
J’urinai dans le coin le plus éloigné du matelas. Je dormis. J’attendis. Je priai, les larmes aux yeux, quand les affres de la faim allaient me rendre folle et elles s’évanouirent comme neige au soleil. Je pleurai aussi un peu quand je fus sur le point de perdre courage tandis que ma langue se soudait au palais et que je n’arrêtais pas de déglutir alors que je n’avais rien à avaler. L’aridité de la gorge subsista malgré la ferveur de mes prières. Les yeux me brûlaient aussi, que ce fût à force de pleurs, de jouissance ou de faim, ou peut-être d’amour pour Lui à qui j’appartenais tout entière depuis l’instant où j’avais tourné la clef dans la serrure.
C’est alors qu’Il arriva et qu’Il prit mes mains dans les siennes et me baisa sur la bouche, me pénétra et je hurlai de volupté car personne ne m’avait comblée aussi totalement. Des flopées d’anges chantèrent au rythme du battement de leurs ailes et du frou-frou de leurs robes. Oh, si seulement je pouvais revivre tout cela une seule fois. Mon cœur se débattait dans ma poitrine et Il le prit entre ses mains comme un oisillon tombé du nid, le tint contre Lui jusqu’à ce qu’il s’apaisât et le remit dans sa cage. Il me donna une tape sur les fesses :
- Alors, c’était bon ?
Je ne pus sortir un seul mot
- Pourquoi m’as - tu abandonné ? demanda – t – Il.
- Je ne t’abandonnerai jamais. Je suis à toi et à toi seul.
- Tu t’es éloignée de moi autant que possible. Pourquoi m’attires-tu ici, dans les ténèbres extérieures ?
Je lui en voulus. Tout ce qu’on récolte en ce bas monde, c’est de l’ingratitude et la justice n’existe pas ; même pas au dernier jour.
- Je ne t’ai nullement attiré où que ce soit. Rien ne t’empêche de me laisser là sur place.
- Je n’en suis pas à une brebis près à rattraper – une brebis égarée qui s’est écartée du troupeau par pure bêtise.
- Je ne suis pas égarée du tout. Je me suis sacrifiée sur ton autel. Je suis une offrande que tu en veux pas accepter.
Il se mit à rire. Ca faisait drôle de l’entendre rire par ce que je ne savais pas de quoi Il avait l’air, mais à en juger par son rire,Il était vif et enjoué.
- Tu confonds , dit-Il en riant. C’est toi le cadeau que tu refuses d’accepter ! Tu t’enfermes ici pour bouder comme une enfant gâtée. Non, je ne peux pas te laisser là, il n’en est pas question. Fiche-moi le camp d’ici et va manger et boire. Batifole, amuse-toi et surtout : baise !
- J’ai consenti à me passer de tout ce la. Pour toi. Prends moi, je suis à toi.
- Quand possède-t-on quelqu’un et quand ne le possède-t -on pas ?pouffa-t-Il , ayant du mal à retrouver son souffle à force de rire.
- Je suis à toi, que tu le veuilles ou non, parce que …
- Non merci, sans façon.
- Qu’est-ce que je dois faire ? dis-je d’une voix qui se brisait.
Être rejetée par Dieu est bien plus dur que de renoncer à la société des hommes et au lieu de m’enorgueillir de ma nudité, j’eus le sentiment de n’avoir été créée que pour qu’on puisse me rire au nez. Je n’y voyais goutte dans le noir, mais je me rappelais l’aspect de mes mains, de teinte rose pâle , comme toute cette absurdité dont j’étais constituée. Qu’est-ce qu’il pouvait y avoir de plus moche et de plus grossier que mon bras, par exemple, cette longue grue terminée par un instrument à cinq branches, cet instrument souple et ridé qui me servait à faire toutes sortes de choses ? Je pouvais bien comprendre que cela le fît mourir de rire de me voir lui offrir ça en cadeau avec tout ce qui s’y rattachait.
- Ce que tu dois faire ? Ne pas perdre de temps, tu n’en as pas de trop. Dépêche-toi de sortir au soleil et que je ne te retrouve pas ici.
Je courbai la tête, pleine de honte. Le rouge aux joues, je m’apprêtais à avouer dans un soupir que j’avais glissé la clef sous la porte et scellé ainsi la chambre jusqu’à la fin des temps, lorsque je vis que la porte était entrebâillée et que le soleil du matin était venu faire un saut chez moi.
22 juillet 2008
Tideland

Jolie couverture n'est-ce pas? Angélique, digne d'un conte pour adultes..et enfants..
Et bien, c'est ce que j'ai pensé, lorsque j'ai acheté ce livre.
Très vite, je me suis rendue compte que je m'étais trompée.
Et pour cause.
Tideland est une histoire de fous, et pas dans le sens "drôle", ni même anecdotique.
Le personnage principal, c'est Jeliza-Rose, qui a pour parents un couple de camés.
Sa mère meurt d'une overdose et là, on se rend compte que rien n'est normal.
Son père, Noah, ex rock star ratée et oubliée de tous rêve de se rendre dans le Jutland ( nord du Danemark) pour y vivre une vie auprès des vikings..
Il prend la fuite avec sa fille dans un coin paumé du Texas...là, il meurt d'une overdose( lui aussi ), mais Jeliza-Rose ne semble toujours pas " réaliser", à moins qu'elle ne se voile la face, ce qui ne saurait être bien difficile, car elle vit dans un monde bien à elle, en dehors de toute réalité.
Les rencontres glauques s'enchainent et se suivent, rendant ce livre difficile à lire, mais le pire, c'est lorsque comme moi, on achète le DVD, et qu'on le regarde.
J'aime l'étrange, je suis entre autre, fan de Tim Burton, mais là, ça dépasse tout.
L'ambiance est déjantée, hystérique à souhait et rend le film difficile à regarder.
Terry Gilliam a reproduit à merveille l'ambiance junkie du livre, et il a fait ça tellement bien...que je me retrouve avec un DVD qui créé un grand malaise, une histoire névrosée qui atteint le paroxysme de l'inimaginable...
Mais qu'avait l'auteur de ce livre dans le crane??
Alors, Oui ce n'est qu'un film,Oui cette gamine vit en semi-autisme, sans règles, sans valeurs ni limites et presque sans sentiments.... et Oui, on se fait la réflexion que des gens semblables habitent sur terre, et peut-être pas très loin de chez nous..
Si ça vous tente...

13 juillet 2008
Biographie d'un inconnu - Fabrice HUMBERT
Me voilà à lire de jeunes auteurs français.Je sais, je n'ai pas l'habitude de le faire, moi qui suis abonnée aux écrivains scandinaves, anglo-saxons ou japonais.
Il faut admettre que j'aurai dû le faire avant et pour m'y aider, les salons du livre ont du bon.
On flâne parmi les stands, on écoute les interviews et donc les auteurs en question.L'ambiance de ce genre d'endroit nous aide à se mettre en condition si je peux m'exprimer ainsi.
Je crois que le fait d'avoir l'opportunité de voir un écrivain, de l'observer, le regarder parler aux gens, évoluer en face de vous ,vous donne ou non l'envie de lire ses livres.
En tout cas, je fonctionne un peu comme ça, passé le coup de coeur en librairie, je suis un peu instinctive et sentimentale.J'ai parfois besoin d'avoir une certaine "connexion " avec un auteur. Je le faisais déjà avec les professeurs au collège, au lycée et à la fac.Si j'avais quelque animosité contre un enseignant, si il ne savait pas transmettre la passion pour sa matière, ou me laissait totalement indifférente ,je ne travaillais pas.Au grand damne de mes parents... et de mon carnet de notes..
J'ai découvert Fabrice Humbert lors du salon du livre de Vannes le 22 juin dernier.
Il y avait cette séance d'interviews, et alors que je n'étais pas venue pour le voir, je suis restée l'écouter.Il faut croire qu'il m'a convaincue, malgré une journaliste qui non seulement avait l'air de s'ennuyer, mais avait la fâcheuse manie de lui couper la parole.
"Biographie d'un inconnu" est un roman moderne, qui commence tout simplement.Mais j'y ai lu tout autre chose.
Le narrateur, Thomas d'Entragues est un écrivain raté, qui écrit pour les autres et n'a donc, pas d'existence propre.Or son éditeur lui propose de rencontrer un certain Victor Dantès.Ce dernier lui offre d'écrire l'histoire de son fils , Paul Moreira-Dantès qu'il n'a pas vu depuis plusieurs années.
C'est ainsi que d'Entragues se retrouve aux Etats-Unis, à suivre la piste de Paul, un Paul qui court les producteurs pour faire adapter le Voyage au bout de la nuit de Céline, qui filme tout ce qu'il peut, espérant figer chaque instant, garder chaque émotion, de peur que la vie ne lui échappe..peut-être.
J'ai beaucoup aimé ce parallèle que fait l'auteur entre les deux hommes.Celui qui cherche et s'attache à un homme qu'il ne connait pas mais découvre à travers les rencontres avec ceux qui l'aident à se rapprocher de lui, et les réflexions qu'il se fait sur lui-même et sa vie tout au long de sa quête.
Paul est un jeune homme beau et doué mais secret, en marge de lui même, vivant de rêves et de procuration.Il tombe amoureux d'une riche jeune fille, mineur de surcroit.On ressent cette recherche personnelle, ce désir de revanche sur sa propre vie .Paul découvre et entre dans un milieu riche et surfait, emprisonné dans un amour à sens unique qui déclenche chez lui une immense souffrance.De quoi est-il amoureux?De cette jeune ingénue?De ce qu'elle représente, de ce qu'elle est et qu'il ne sera jamais?
Au même moment, Thomas d'Entragues se découvre.Lui qui n'avait jamais quitté son petit monde suranné par peur ou tout simplement parce qu'il ne savait comment faire, se trouve enfin.Le destin lui apporte la clé, comme un cadeau.Peu à peu, il devient ce qu'il désirait, écrivain malgré lui.
...." Je lui dis que les parents de Paul étaient inquiets parce qu'ils n'en recevaient plus de nouvelles et que j'étais venu ici pour retrouver sa trace.
- Vous êtes détective ? me demanda - t - il.
- Non. Ecrivain .
C'était la première fois que j'utilisais ce titre.
- Je ne vois pas le rapport.
- Moi non plus."
J'ai retenu de ce livre deux portraits, deux destins.Et cette idée de chemin de vie que l'on choisit.Soit on devient conscient et l'on est maitre de son existence, soit on laisse cette force indicible décider pour nous, cette loi implacable, celle qui nous fait prendre la mauvaise route et nous mène à un cul de sac tout simplement parce qu'on l'on recherche ce que l'on ne peut atteindre, parce que l'on s'attache à de mauvaises raisons.
Je pense que ce livre fait écho à nos propres choix, au temps qui passe inexorablement, nous laissant impuissants et pantelants si nous ne réalisons pas à quel point notre vie nous appartient.
A lire!
"Mais il me semble possible que Paul soit de ces êtres s'entêtant dans une voie qui n'est pas la leur, par une sorte de divergence intime qui les détourne de leur véritable destin,pour échouer en beauté alors qu'ils n'auraient pas pu réussir tout aussi grandement ailleurs.Ces malédictions tiennent au malaise de ceux qui ont trop de personnalités différentes en eux-mêmes pour choisir la bonne.Ils veulent être tout, de sorte qu'ils ne sont rien."
Fabrice Humbert au salon du livre de Vannes.En plus, il est drôle et très sympathique.
Ici vous pouvez l'écouter parler de son livre.Il est également l'auteur de "Autoportraits en noir et blanc"
Son site
10 juillet 2008
Yoko OGAWA - le musée du silence

"Je" nous raconte son histoire.Le narrateur n'est autre qu'un jeune muséographe dont la simple envie de trouver un travail va faire basculer le cours de son existence.On ne connait pas son nom, ni son âge d'ailleurs."Je" nous narre son arrivée chez le vieille dame, la jeune fille, le jardinier et sa femme.
Son rôle est de créer un musée, mais n'importe lequel puisqu'il faut répertorier des objets subtilisés à des morts juste après leur trépas...et parfois, à n'importe quel prix.Des noms, des numéros, improbable inventaire que ces objets somme toute insignifiants.
L'écriture très détaillée de l'auteur nous absorbe vite, puisque l'on se retrouve , à notre grand étonnement, dans l'atmosphère de ce vieux manoir, à traverser ce village isolé ,à observer ces moines étranges qui font tous voeux de silence , vétus de leurs peaux de bison blanc des montagnes.
J'ai lu ce livre comme une sorte de compte philosophique mêlé à une trame de science fiction.Cela m'a fait penser à cette vieille série américaine : "la quatrième dimension" version japonaise et modernisée.L'univers de Yoko Ogawa est toujours très particulier, profond, poétique et surprenant parce qu'il pénètre le monde des peurs et du fantasme.
Extrait .
......
"Elle avala sa salive, releva d'un air gêné la mèche de cheveux qui retombait sur son front.Je vis par la fenêtre un oiseau passer très haut dans le ciel.Les objets nous entouraient, toujours aussi sages.
- Regardez ça par exemple.
Elle fit un clin d'oeil, la jeune fille tendit presque le bras et ramassa au milieu du désordre ambiant un petit objet qu'elle me mit sous le nez.
- Qu'est-ce que c'est?...
C'était un simple anneau, trop brut pour un accessoire, pas assez fiable pour une pièce mécanique.
- Il y a environ cinquante ans,une prostituée d'un certain âge a été tuée dans l'hôtel du village.Elle a été poignardée, ses mamelons découpés et subtilisés.Ce fut l'affaire criminelle la plus horrible de notre histoire.Il ne s'est produit aucun meurtre depuis.Vu sa profession, aucun membre de sa famille ne s'est montré,et j'étais seule à son incinération.Pour obtenir l'autorisation d'y assister,j'ai prétendu que j'avais été son amie.Bien sûr j'ai menti, afin de pouvoir me procurer un objet lui ayant appartenu.Après l'incinération, j'ai trouvé ça au milieu des cendres.Quand je l'ai pris, il était encore tiède,comme s'il avait gardé la température de son corps.J'ai alors décidé de le considérer comme un objet hérité d'elle.C'était son diaphragme.Bon, passons au suivant..."
......
10 avril 2008
Petits suicides entre amis - Arto PAASILINNA
Vous déprimez?Vous broyez du noir et avez des idées suicidaires?Allons allons, il ne faut pas...surtout qu'en y réfléchissant bien, les raisons que vous trouvez ne sont tout compte fait..pas si dramatiques..
Donc pour vous en convaincre, il faut tout d'abord acheter ce livre.Ensuite, callez-vous quelque part et laissez-vous porter.Ce conte est drôle,tendre, loufoque et vous ramènera le sourire en un clin d'oeil.
Tout commence par un beau matin d'été où Onni RELLONNEN, hommes d'affaires ruiné pour qui rien de va plus, cherche un endroit pour se suicider tranquillement.Ses pas le mènent à une grange où un autre désepéré tente lui aussi de mettre fin à ses jours.Hermanni KAMPAINNEN, colonel de l'armée finlandaise, fort désabusé et ayant perdu tout but dans la vie, se trouve alors sauvé in-extremis.Les deux hommes vont se lier d'amitié sans oublier le but salvateur de leur existence : le suicide.
A force de gamberger, ils se laissent envahir par un optimiste nouveau, moteur de projets de la plus haute importance, et découvrent qu'ils pourraient éventuellement venir en aide à d'autres pauvres âmes en perdition.Ils décident de passer une annonce dans la presse nationale :
«Songez-vous au suicide ? Pas de panique, vous n'êtes pas seuls.
Nous sommes plusieurs à partager les mêmes idées, et même un début d'expérience. Écrivez-nous en exposant brièvement votre situation, peut-être pourrons-nous vous aider. Joignez vos nom et adresse, nous vous contacterons. Toutes les informations recueillies seront considérées comme strictement confidentielles et ne seront communiquées à aucun tiers. Pas sérieux s'abstenir. Veuillez adresser vos réponses Poste restante, Bureau central d'Helsinki, nom de code "essayons ensemble".»
Là tout est dit.
Des désepérés affluent alors de toute la Finlande, un groupe se forme et nous faisons ainsi la connaissance des personnages hauts en couleur qui nous acompagneront tout au long du livre, une galerie de portraits pour le moins originale :un éleveur de rennes plus ou moins verreux,un marin gravement alcoolique et alcoolisé,une bombe rousse dépressive,un garçon de café imaginatif qui a raté sa vocation de conteur humouristique ... et j'en passe!
C'est dans un bus flambant neuf que le groupe embarque vers les eaux glacées du nord de la Norvège afin de se jeter collectivement des falaises du Cap Nord....mais.......la solidarité et la complicité naissant entre les futurs suicidés, ne rendront pas les choses si simples.
Ils rebrousseront alors chemin à travers la Finlande dont les noms de lieux nous ferons apprécier l'éxotisme scandinave :«Helsinski, le Häme, Turku,
Pori, le Savo et la Carélie avait été ratissés, mais il fallait encore parcourir l’Ostrobotnie, le Centre, le Kainuu, Kuusamo et la Laponie». nous embarquera nous aussi, dans le bus, et ce jusqu'en Alsace, en Suisse et même au Portugal..
Un livre croustillant,qui nous aide à dédramatiser les petits tracas de la vie, mettant en avant la beauté de l'existence, l'importance de l'amitié..un de ceux que l'on pose presque à regret, un sourire aux lèvres.
xxx
02 avril 2008
Combien de fois je t'aime - Serge JONCOUR

L'amour est partout, même lorsque l'on ne le voit pas ou que l'on croit qu'il n'est plus là.
Avec le temps il peut changer d'apparence, de texture, de profondeur, mais il est toujours là..
Serge JONCOUR à travers 18 nouvelles nous le raconte, nous le dépeint.
Après de long mois de conversation sur internet, un couple décide de se rencontrer, c'est l'amour moderne en quelque sorte.Un autre se sépare, un autre se voit vieillir ou bien n'ose pas vraiment s'approcher.Quant à eux,ils jouent à ne pas trop se dévoiler quand d'autres se mentent, souffrent du temps qui passe ou bien de ne pas avoir d'enfant.
Chacun d'entre nous pourra à travers les pages de ce recueil se retrouver et se laisser traverser par différentes émotions, sans jamais tomber dans la mièvrerie.
L'auteur qui a, j'en suis sûre, vécu plusieurs vie, en tout cas, c'est tout comme, nous entraine dans notre propre intimité où le rencontre et la séparation se côtoient, décrivant à merveille l'instant qui révèle tout, celui qui touche, les sentiments qui laissent une trace .
Nous sommes tous de simples mortels, à la recherche d'une seule et unique chose : l'amour.
..." Mais je ne veux prendre aucun risque, je ne voudrai pas manquer la moindre opportunité de l'avoir au bout du fil, si elle appelait là,à trois heures du matin,et qu'elle me demande, va savoir, si je vais bien, je serai tellement heureux de lui répondre."
Peut-être que le mieux est de l'écouter en parler lui-même, avec beaucoup d'humour, toujours .
xxx
30 mars 2008
La petite pièce hexagonale - Yoko OGAWA
"
Il y a des gens qui augmentent votre solitude en venant la troubler" disait Sacha Guitry..
...Il y en a, tout comme notre narratrice qui aiment à augmenter leur solitude.
Elle est voulue, désirée, recherchée.
Tout commence avec la rencontre de cette femme à la piscine, cette femme que l'ont a envie de suivre et de connaitre davantage.Alors, on se donne les moyens de le faire..et on le fait.
Puis, la rencontre avec ce jeune homme , et puis cette armoire, ce tiroir au milieu d'une pièce, cette boite à raconter..hexagonale.
Yoko OGAWA nous entraine dans les limites de notre intime.Elle se met à la place de la narratrice, à moins que ce soit le lecteur?
Le silence est d'or.
Le face à soi même un trésor.
Est-ce folie que de soliloquer seul sous un lustre, de raconter dans le vide?Et puis à qui d'abord?
Je ne vous parle pas de discuter avec soi même en voiture en attendant que le feu passe au rouge.... non non... Je vous parle de l'écho votre propre voix, du silence qui vous rebondit dessus, de vous-même que vous entre apercevez peut-être, de la perte des repères qui auparavant vous aidaient à garder votre équilibre.... mais chut... il ne faut pas le dire .



