La Banquise

Chroniques bretonnes sans pluie

02 février 2009

La Base ~ Larmor-Plage

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Découvrez Cocoon!

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09 janvier 2009

Domaine du Lain - Guidel

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21 septembre 2008

Les bords de mer

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Découvrez Julien Doré!

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La route de Gâvres

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02 août 2008

Le balcon spectral ou Jeune femme lisant - Marc NAGELS

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Pour ceux - et ils ne sont pas nombreux - qui savent où je travaille, ils pourront, reconnaitre mon bureau :) .

Alors quel est le rapport avec ce post?Et bien, je m'étais rendue au Festival de poésie Bretonne et Islandais à Combourg, en juin dernier, et j'avais effectué quelques achats, dans cette petite Librairie rouge.Dame Hélène,"tenancière" des lieux..m'avait offert un petit recueil de nouvelles écrites par des auteurs bretons.C'est un petit livre édité par le Centre Régional du livre en Bretagne .

Et c'est sur mes heures de bureau.....et oui...le mois d'août connait quelques passages à vide parfois.. que j'ai découvert une pépite , au milieu de ses pages..

Alors,j'ai pris mon temps, tout mon temps, durant une journée estivale pluvieuse... pour  retaper ce texte entièrement et en faire profiter quelques uns.Une belle plume à savourer.


Le balcon spectrale ou jeune femme lisant

Les pierres avalent de l’air. Les vents heurtent longtemps les hautes tours. Les pierres s’enivrent de vents et parfois se descellent. Dans le ventre spiralé du donjon, les parois suintent une liqueur de vents anciens. L’odeur est forte, la tour est un gros champignon noirci par l’âge, et cela coule en épais filets comme une salive ravalée. Le donjon digère le temps. Les marches luisent comme un corps moite qui traverse une vie souple. Elle retire ses souliers et écoute le baiser de ses pieds nus sur la pierre molle. La volute interminable des marches qui se succèdent s’imprime lentement – comme les pierres s’expriment – jusqu’à l’entêtement, puis vient se vriller avec volupté autour du nombril. Sa peau de lait absorbe l’obscurité des pierres noires et l’étroitesse des murs ascendants, elle monte vers le gosier de la tour comme une nausée qui ne se réprime plus. Le temps acide bouillonne, les pierres se souviennent et se grumellent. Elle pousse une porte qui se révulse avec la sécheresse et l’âpreté d’un grincement. Ses pieds s’abreuvent aux dalles humides avant de quitter le sol pour le grabat feutré d’une alcôve.

De puis l’endroit où je me trouve, je n’ai rien pu voir, mais j’ai pu tout concevoir. Il en est ainsi, sur la terrasse de guet du donjon, dans la prolongation des pierres qui me parlent.

Le soleil gravide se retire du ciel. Le jour lui survit encore un peu. En bas de la tour se délace un paysage d’ombres qui se souvient du jour comme un corps se souvient de l’écho mourant du plaisir. Il plane sur les combes et les replis boisés un voile de pudeur – le brouillard des sueurs forestières. Les vents sont tombés ; la terre apaisée libère son haleine tiède, elle rumine un champ d’herbes froissées et de rainettes enfiévrées. On entend, alors, le piano de Brunnald qui appelle la nuit. La nuit vient. Elle vient sans son cortège d’étoiles, alors qu’au loin tressaille le galop d’un cheval, à moins que ce ne soit l’une de ces habituelles pluies de pierres.

Je quitte la terrasse. Dans le siphon étroit du donjon gargouille la longue réverbération de mes pas et le souffle interminable de mes mains qui glissent sur le mur.

Le chemin de ronde. Sentier solitaire et lunaire où flâne la grâce lactescente des silhouettes ancestrales. Je fais état, ici, de la cabale des lémures qui frayent avec les vents de tourmente. Je connais le nom de certains ; le prononcer serait néfaste.

La courtine et se monotone crénelure ondoient légèrement au gré de la marche. Ici, les pas se perdent dans le vent et le vent se colle sur la tempe comme un silence oppressant. Le chant des pierres est indistinct.

Je reviens sur mes pas. A nouveau le donjon, et ce vent gorgé de lœss et de roseaux pressés qui s’y engouffre, et, dans le vortex minéral, s’enracine comme un lierre.

Plus bas se trouve la bibliothèque. Les livres y sont disposés sur une série de rayons concentriques et s’y empilent sur la valeur de plusieurs étages. Les boiseries couvrent tout, aucune pierre n’apparaît. L’impression de voyager au cœur d’un arbre a été recherchée en vertu du lien étymologique qui unit le livre et le liber.

La table de lecture centrale est ridiculement petite, fichée au milieu des cernes de livres, un peu comme l’enfance de l’arbre se pétrifie, année après année, au cœur de son aubier. Celui qui s’y assied mesure d’un coup la protection et le confort que lui assurent l’interminable feuilleté des reliures et des pages et l’ultime enclos de pierres. Si discrète, presque absente au premier regard du visiteur qui découvre l’espace, la table de lecture est le lieu souverain de l’intériorité- et, de fait, celui de l’émiettement du cosmos dans une vision individuelle. Un livre qui capte les navigations irréelles, les circulations inouïes, toutes les vibrations de l’âme du monde. Il se déplie ou s’enroule comme une carte mentale qui, sous l’injonction d’un charme bref et puissant, libère une géographie éternellement renouvelée de contrées et de mondes merveilleux, superposés les uns aux autres et se pénétrant comme l’ombre projetée des nuages sur les plaines basses.

Or ce lieu, dans sa totalité, est à jamais inaccessible, fermé à la conscience et à la connaissance de chacun, alors que chacun contribue à la nourrir. C’est tout le rêve de l’humanité, un rêve sauvage, incontrôlé, illisible et diffus, le domaine des lueurs et des vagabonds sans chair. Pour tenter de réparer cette fuite, cette migration continue d’âmes, pour tisser des liens entre cette incommensurable pluralité des mondes et des vies intérieures, l’usage commande que chaque lecteur sur le point de quitter la table laisse l’un des ouvrages qu’il a lus ouvert à l’une des pages qui ont le plus marqué sa lecture. En sorte qu’un lien se tisse entre chaque intériorité, que chaque lecteur porte l’espoir de restaurer ce que la lecture brise, et qu’il contribue à mettre fin au cloisonnement des mondes intérieurs, aux miroitements hagards de l’humanité.

Le livre est un chemin d’errance, le livre est forêt. La bibliothèque véhicule les siècles d’une pensée élaborée. Sur les plus hautes branches des rayons est disposé tout ce qui n’a pas été lignifié par le temps, tout ce qui n’a pas encore durablement lutté contre la critique. Aux racines se trouvent ceux qui ont forgés les mythes de l’édifie, ceux qui,  aujourd’hui encore, en irriguent les veines imaginantes. Les plus illustres des contes anonymes y figurent aux côtés des textes d’Hésiode ou d’Homère, dans le même magma des cosmogonies et des prophéties millénaires. Et, quelque part, dans le subtil chevelu des racines, doit reposer le Verbe de Dieu.

Pourtant, qu’est-ce qui donne toute son importance à cet interminable univers de signes, sinon le fait qu’il peut un jour intégralement disparaitre ? Disparaitre sous d’une langue de cire qui se répand, sous la caresse affamée d’une petite flamme de bougie. La fragilité donne un sens à toute chose. En dehors de son indispensable échange avec le tissu universel des textes, la valeur essentielle d’un livre est la menace qui pèse sur lui, la menace de son effacement, du coup de gomme total et irréversible. Oui, je le crois. La bibliothèque disparaîtra, un jour. Le feu dévorera le papier, les reliures, les étagères et les boiseries, il lèchera les parois minérales du donjon jusqu’à les laisser à vif et les rendre à leur sécheresse élémentaire.

Les assauts du vent font danser les pierres, le bois des étagères ronronne au parfum de résine. Je regarde le papillonnement inlassable d’une bougie de miel et le ressac de ses ombres sur le dos nervuré des ouvrages.

Elle dort maintenant. Si vulnérable auprès de ce vent qui règne et imprègne toute chose ici, sa respiration se vrille aisément contre l’obstacle et parvient jusqu’à moi ; il en est ainsi, dans la prolongation des pierres qui m’enceignent.

De moi, elle a appris à lire les livres, à les ouvrir délicatement en faisant glisser ses doigts de la couverture vers la profondeur douce des feuillets, puis à les suspendre au dessus de ses yeux. Le livre ainsi déployé dans la largesse molle de ses pages conduit mieux les pulsations de l’émotion, le moindre tressaillement de la lecture ; le clignement des yeux s’imprime dans la souplesse rythmée d’une matière graphique qui libère la totalité de ses charmes. Tout objet réclame cette menue relation qui favorise le dynamisme incantatoire du support et permet à l’esprit de verrouiller un contexte incohérent pour mieux saisir le sens dans ses plus faibles ouvertures. J’aime voir ses mains fuir la rigidité des reliures pour maintenir le livre par les pages, et voir son front prendre le tain capricieux des ciels et des cavales nuageuses.

Qui a vécu trop longtemps ici trouve son destin lié à ces pierres circulaires. Elles avalent le temps ; leur porosité lentement digère toute consistance. J’ai tant et tant lu que plus rien n’agrippe ma mémoire sinon le marmottement indécis d’un verset sans origine, inachevé et vivant d’une perpétuelle élaboration.

Plus rien ne survit de mes lectures. Le savoir grandit et aussitôt s’altère, comme une loi intangible qui fixerait une limite à ma raison. Et toute progression détruit l’élémentaire. Finalement l’ombre en moi a grandit et une forme de silence s’est drapée autour de mon âme. Seules les pierres continuent de me parler…

Je me trouve près de je ne sais quelle frontière, où les choses échouent dans une immobilité de laissé-pour-compte, en dehors de courants qu’elles sont impuissantes à rejoindre d’elles-mêmes. En dehors du temps.

J’ai tant vécu, qu’il ne me reste plus de vie. Ce n’est pas que j’aie accumulé une grande expérience, la vie ne peut pas se définir par une somme ; mais il s’est produit vraisemblablement des raccourcis, et accompli tout ce qui en moi était mobile, en sorte que je me trouve au milieu d’une vie qui s’est éteinte. Mes jours sont ceux d’un spectre et j’attends sans envie ni angoisse la venue de ma mort. Je frôle les mondes absents.

La faible mèche du bougeoir s’accorde l’illusion d’une tempête avant de se courber, humblement, dans son cachot de cire. De nouveau le vent se lève, déjà le piano de Brunnald s’est appesanti, la lune se dissout dans une aube au ventre de lait. Dans le blanc de ce halo fade et presque effrayant, la vague d’une respiration tiède ride l’air ancien.

Elle dort. Les draps enveloppent sa silhouette lovée, leur clarté trouble l’obscurité mourante. Elle dort. Ses traits se sont entièrement délacés dans le sommeil et se sont presque dissipés. Joue kaoline, volutes de cheveux glissants le long de l’involucre de l’oreille au rythme d’un souffle léger et régulier. L’encens se consume dans la spirale étirée du repos. Depuis elle, pas une fois la réalité n’est venue hanter ma conscience. Dans l’âtre, plus une flamme, plus un crépitement. Les braises palpitent sans bruit , il y fourmille une vie orangée , comme un perpétuel désir aux bornes de l’oubli.

par Marc NAGELS


La petite note en fin d'ouvrage nous apprend que Marc NAGELS " travaille dans le journalisme et l'édition. Il est l'auteur de livres, de guides et d'articles portant sur l'Ouest de l'Hexagone. Passionné par l'imaginaire et les mythologies celtiques et nordiques, il a également collaboré à de nombreux ouvrages collectifs traitant de ces sujets."

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19 juillet 2008

Kerguelen - Larmor-Plage

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16 juillet 2008

Clip bigouden ou le pouvoir de la crêpe

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15 juillet 2008

Mon coeur, je penche vers toi

Eglise des Sacrés-Coeurs - Rennes


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08 juillet 2008

Place Sainte Anne - Rennes

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21 mai 2008

La maison de Blanche-Neige

En passant par le Faou on peut y découvrir cette adorable maison.Elle se situe derrière l'église, et fait face à l'Aulne.Je me souviens y être entrée alors que je devais avoir 6 ans..J'ai un souvenir de maison de conte de fée.

 

Je me souviens d'une femme, sans age d'après le peu d'images que j'ai en tête.Elle m'avait offert du far et un bouquet de mimosa que nous étions allées chercher dans le jardin.Je ne sais plus comment j'étais arrivée chez elle.

 

Depuis, à chaque fois que je retourne dans cette région qui est la mienne,je ne manque jamais de repasser devant, histoire de voir si les 7 nains n'apparaissent pas à la fenêtre..

 

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